Enghien : caractéristiques de la piste… et souvenirs

Vous avez pour habitude de l’écouter dans son podcast 5 Minutes Pronos, cette fois vous allez lire les propos de notre expert Loïc Saraud qui va se livrer à l’exercice de la comparaison entre la piste d’Enghien et celle de Vincennes, les deux places fortes du trot en région parisienne. Il vous révélera ensuite ses meilleurs souvenirs sur l’hippodrome val-d’oisien.

Les différences entre Enghien et Vincennes

« Commencons déjà par le point commun, c’est la corde à gauche. Et pour ce qui est du rendement de distance, ce n’est pas un handicap majeur sur l’un ou l’autre hippodrome. Notamment à Enghien, où chaque parcours est assez coulant. Ensuite, si nous nous penchons sur l’état de chacune des pistes, celle d’Enghien est beaucoup plus ferme. De ce fait, les chevaux pieds nus peuvent éprouver quelques difficultés par rapport à Vincennes.
Au niveau de l’éffort en lui-même, il est différent sur la cendrée puisque les chevaux doivent gérer des parties descendante, montante et plate et parcourir une (grande) piste de 1925m. Alors qu’à Enghien, celle-ci s’avère être majoritairement plate et beaucoup plus courte (1300m).

Comment gérer les 500 derniers mètres et deux lignes droites différentes ?

Dans les deux cas, c’est souvent au poteau des 500 derniers mètres que la partie se décide. A Vincennes, il se trouve à l’entrée du tournant final, en haut de la montée. Un driver sûr de la forme de son cheval à ce moment là peut tenter de partir tout seul et ainsi rallier le poteau en tête, après avoir avalé une ligne de droite de 230 mètres. A Enghien, il reste 500 mètres à parcourir à la sortie du tournant final et donc une ligne droite bien plus longue, de précisément 430 mètres. Il est ainsi préférable de ne tenter l’échappée solitaire car le chemin peut sembler interminable. Mieux vaut en garder sous la pédale et tenter de créer la décision à mi-ligne droite. Et avec un tel final, les attentistes arrivent souvent à leurs fins.

Les souvenirs de Loïc à Enghien

« En tête, je mets la victoire de Rapide Lebel dans le Prix de Washington le 30 juin 2012. Il sortait d’une cinquième place à l’Elitloppet et d’une disqualification dans la Broline Copenhagen Cup alors qu’il était favori de ces épreuves de Groupe I. Et il a remis les pendules à l’heure en passant facilement sous les 1’10 » sur 1609m (1’09″4 exactement). Il s’était baladé »

Vient ensuite la première victoire de Face Time Bourbon en région parisienne. Je l’ai très vite suivi avec attention car j’étais fan de sa mère Vita Bourbon. Elle était très caractérielle, et le papa Ready Cash nerveux. Leur fils devait logiquement leur ressembler. Mais il se trouve que FTB a vite respiré le calme et la sérénité. Ce 28 septembre 2017, Sébastien Guarato est catégorique. Il a un crack dans ses boxes et n’a jamais entraîné un poulain aussi doué. 5 semaines plus tôt il l’a drivé pour ses débuts victorieux à Montier-En-Der. Cette fois, il est confié à David Thomain, et réalise une véritable démonstration. Je vous ai même retrouvé mon tweet de l’époque…

Enfin, je retiendrai le succès de Very Nice Marceaux dans le Prix de la Chaussée d’Antin 2014. Il avait effectué les 500 derniers mètres sur le pied de 1’07 ». Ce cheval a grandi et a été entraîné à Saint-Etienne-Le-Molard dans le Forez. Et il s’agit du petit village dans lequel a grandi mon père. D’où le vrai coup de coeur pour ce fils de Jag de Bellouet, pensionnaire de Grégory Laurent, drivé ici par Pierre Vercruysse.

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