GNT à Nantes : Entretien avec Laëtitia Delbouve « Désir Castelets peut jouer les « trouble-fêtes »

Elle demeure (constamment) dans l’ombre et pourtant son rôle auprès de Yannick Desmet se révèle être importante, déterminant parfois. « Et cette complicité perdure depuis cinq saisons » s’en réjouie Laëtitia Delbouve. Laquelle avait auparavant dévoilé son savoir faire aux côtés « du regretté Gérard Adriaens » Orientation professionnelle que cette nordiste « fille d’agriculteurs » n’avait cependant imaginée, entre autre à l’adolescente. Un étonnant chemin que cette désormais belge d’adoption conte, évoque avec enthousiasme, satisfaction.

« Toute petite, je me passionnais pour les chevaux. Néanmoins, mes parents n’avaient, en dépit de leurs efforts, les moyens d’y répondre favorablement » Un parfum qu’elle découvrait cependant, « par hasard » en accompagnant une sœur cadette amenée à… « effectuer un stage chez Jean-Pierre Bizoux, à deux pas de la maison familiale » se remémore-t-elle. Une intrusion qui allait bouleversée sa vie…

Un lien d’amitié avec la famille Bizoux

« A l’époque, et contre toute attente, cet entraîneur de renom qu’il était, m’a proposé de passer un week-end en sa demeure. Et ainsi partager un agréable moment de quiétude avec l’une de ces proches » en sourit Laëtitia Delbouve. Convaincue que cette sollicitation reste à l’origine d’une radicale réorganisation personnelle. Puisque « liée alors par un fort lien d’amitié », elle privilégiait son temps libre au sein de l’établissement. Se familiarisant avec l’ouvrage pour ensuite s’asseoir dans un sulky, « pour le fun puis la compétition »

Ce rêve qu’elle entretenait venait de devenir réalité : « J’ai eu le privilège de participer à dix-neuf épreuves. Et je suis « rentrée dans l’argent » à seize reprises ! » chuchote-t-elle, sans une once de prétention. Enthousiasme qui toutefois s’interrompait brutalement, au moment même où elle « croisait le regard de la mort ! » Victime d’un accident vasculaire cérébral « durant l’été 2014 », la demoiselle s’efforce aujourd’hui à se relever, se reconstruire. « En une fraction de seconde, vous prenez conscience que la vie peut vous échapper. La mienne, je la dois essentiellement à mon chien dont la sollicitude m’a permise d’oxygéner mon cerveau » Jusqu’à ce que les secours ne la découvre, gisant sur le sol…

Un élan brisé en un (seul) instant

D’une grande discrétion sur cette (terrible) période, Laëtitia Delbouve préfère laisser apparaître un visage jovial, une euphorie, une joie… de vivre ! Et puise auprès de « ces » chevaux cette force dont elle a tant besoin. Sans jamais oser se lamenter, convaincue avoir pu bénéficier d’une « seconde chance ! » Acharnée, animée par ce désir de toujours bien faire, celle qui confesse être « trop souvent tétanisée par le stress » affiche donc la volonté de faire « contre mauvaise fortune, bon cœur »

Exit l’adrénaline de cette compétition qui lui plaisait tant, c’est dorénavant depuis les gradins qu’elle canalise son émotion. Un challenge parfois même trop difficile, comme en témoigne ces larmes qui – souvent – ruissellent sur son visage. Sa « façon d’être » indique-t-elle, comme pour se justifier. Mais à quoi bon…

Attachante à souhait, elle s’attribue, non sans une pointe d’humour, le statut de « Premier Garçon » chez Yannick Desmet, un mentor qu’elle « remercie chaleureusement« . Elle affiche constamment son optimisme et admet accorder son temps aux « vingt six pensionnaires qui séjourne en un établissement situé près d’Ostende » Un quotidien qui révèle aussi d’une foi presque indestructible en un avenir dont le sien se révéla pourtant très incertain. « C’est ainsi, il convient de composer avec ce que la vie nous réserve. De profiter de ces instants qu’elle nous offre » lance-t-elle derrière un petit sourire espiègle. Celui qui s’efforce à masquer quelques cicatrices d’ordre psychologiques toujours aussi présentes néanmoins…

« Désir Castelets détient une belle carte à jouer »

Laëtitia Delbouve sera du déplacement à Nantes, accompagnant un fils de Quaker Jet dont elle nous livre quelques indiscrétions :

« Il reste sur deux prestations très encourageantes. C’est un redoutable finisseur dont il convient de préserver durablement la pointe de vitesse. Gaby (Gelormini) le connaît bien dorénavant… Le train sélectif à prévoir, à la lecture de certaines candidatures, ne peut que servir ces intérêts. Pour l’heure, nous préférons lui « éviter » la montée du Plateau de Gravelle. Et sur cette piste plate, je reste convaincu qu’il peut envisager brouiller les cartes »

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