Grand National du Trot : Noémie Hardy, droit devant !

A tout juste 21 ans, la demoiselle prend « plaisir » à marcher sur les traces de ses aînés. Avenir prédestiné dont elle se réjouie néanmoins.

« Comment aurais-je pu y échapper ? » C’est avec un petit sourire espiègle que Noémie Hardy veille à répondre à cette (sempiternelle) question… Celle qui ose affirmer que son avenir se voulait déjà tout tracé. Et pourtant, l’évidence affirmée par certains ne paraît l’être pour l’intéressée. « J’avoue être plongée, dès ma prime enfance, dans cette atmosphère du cheval. J’étais joyeuse à l’idée de partager des moments privilégiés en compagnie de mon papa entraîneur Sébastien. C’est d’ailleurs toujours le cas. Mais ne me faites pas admettre que je ne pouvais échapper à ce destin ! » Toujours aussi joviale, la demoiselle de 21 ans chuchote alors s’être « un temps » laissé séduire par une carrière de juriste. Tournée vers le droit, Noémie Hardy empruntait ainsi ce chemin parfois sinueux imposé par un cursus scolaire bien strict. « Trop » soupire celle qui le baccalauréat en poche s’interrogeait – soudainement – quant à la suite de ces études.

Des études de droit…
Ne sachant plus vraiment sur quel pied danser, c’est alors qu’elle se redécouvrait le souhait de le glisser à nouveau dans l’étrier. « Choix mûrement réfléchi » clame celle qui bottait en touche une éventuelle carrière au barreau. « Chassez le naturel, il revient au galop » a-t-on trop tendance à vouloir affirmer ! « Pour ma part, ce sont les trotteurs qui m’ont encouragé à revenir à mes premiers amours » confesse-t-elle. Avec une décontraction qui se révèle néanmoins toute, très relative. Attitude qui ne brosse d’ailleurs que sommairement la personnalité de cette demoiselle. Une passionnée dont la principale préoccupation est de se remettre en question. Constamment. Noble… modestie dont elle avoue s’être inspirée de son papa, auprès duquel elle n’a de cesse de se familiariser avec ce métier. Labeur certes exigeant mais dont elle puise son adrénaline. « Règlement oblige, j’ai toujours évolué sous l’aile protectrice de mon père. Avec le temps, j’ai ensuite eu l’opportunité de répondre favorablement à certaines sollicitations » raconte celle dont le palmarès laisse apparaître 57 bouquets. Mais ne comptez pas sur elle pour prétendre se jeter des fleurs ! « Je dois beaucoup à mon papa dont la patience a été mise à rude épreuve. Je me remémore ces premiers pas où j’accumulais les bêtises, les catastrophes. Et pourtant, il m’a toujours stimulée, rassurée, réconfortée même ! » Attention paternelle qui lui permettait de prendre confiance, doucement mais sûrement. Une victoire sur elle-même que Noémie Hardy confesse livrer au quotidien.

A un attrait pour la génétique
« J’ai besoin de me remettre en permanence en question » Un aveu qui en dit long sur la détermination d’une demoiselle dont l’abnégation était alors récompensée par Aurore de Mahel, le 13 avril 2015 à Vire. « Une jument de cœur qui m’a offert mon premier succès ! » Le début d’une belle complicité pour un tandem qui collectionnait alors les satisfactions. Sur sa lancée, la demoiselle réussissait un autre paris en s’imposant sur la cendrée de Vincennes, en selle sur Volcan de Bellande le 11 décembre 2016. Enivrante euphorie qu’elle connaîtra à nouveau avec Brio de Tillard. « Toutes les victoires sont belles. Certaines ont parfois un parfum plus exaltant, selon les circonstances » argumente celle dont le respect du partenaire se dissimule dans son ADN. « Nous formions un duo. J’oserais affirmer, avec retenue cependant, l’un ne vas pas sans l’autre. Même si parfois je ne suis qu’une passagère » Approche bien personnelle, teintée de modestie, d’humilité, termes qui résonnent tels des maîtres mots. Ceux que son père lui suggère, lui murmure en permanence. « A mon sens, il est important de s’inspirer de l’expérience d’autrui » précise-t-elle encore, comme un hommage à celui qui continue à la « sermonner si nécessaire » Avec qui elle œuvre à Vrigny (Orne) aux côtés de son frère Benjamin également. « C’est un réel plaisir que de travailler en famille. J’essaie de lui apporter humblement mon soutien. Mais je ne doute pas qu’il se fera un prénom dans ce métier » exprime celle qui, comme souvent, se positionne en léger retrait. Un souhait presque inné qui semblerait vouloir l’inciter à s’éloigner de la compétition pour se consacrer à la génétique. « C’est une perspective qui me trotte dans la tête. Mais il est encore trop tôt ! Toutefois, je ne peux nier accorder de mon temps à nos poulinières… » Attrait dévorant pour celle qui – pour l’heure – parvient avec brio à jongler avec toutes ses activités. Un exercice de style, parfois éprouvant certes, qu’elle ne consent toutefois à interrompre. Telle cette drogue dont on ne peut plus se passer !

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