Bilan de l’année 2018 du contrôle anti-dopage dans les courses – partie 1

Les courses hippiques font l’objet de contrôles anti-dopage très stricts qui permettent de garantir la sécurité des chevaux et des hommes, la probité de la compétition et l’égalité des chances. En 2018, 18246 courses ont été organisées et 18203 ont fait l’objet d’un contrôle, ce qui représente 99,8% de courses couvertes pour 25.525 prélèvements.

Dans cette première partie, nous aborderons le processus de contrôle anti-dopage :

Deux types de substances recherchées : 

  • substances prohibées lorsque le cheval est déclaré partant : substances thérapeutiques (corticoïdes…), contaminants alimentaires (morphine…)…

    Un kit contient tous les éléments pour effectuer les prélèvements nécessaires aux contrôles

>Le cheval est autorisé à courir après l’élimination de ces substances.

  • substances totalement prohibées : dopants majeurs (anabolisants, EPOs…)

>Le cheval ne doit jamais avoir ces substances dans l’organisme. 

Où sont effectuées ces analyses : 

Au laboratoire de Verrière-le-Buisson qui a été construit en 2003. Il est nommé Laboratoire des Courses Hippiques (LCH). Il est accrédité selon la norme ISO 17025, délivrée par le COFRAC qui garantit la compétence et l’impartialité des laboratoires.

A NOTER : les premières analyses anti-dopage ont été réalisées en 1971 et sont une priorité stratégique pour l’institution des courses.

Qui est contrôlé ? 

Un cheval de course peut-être contrôlé dès sa naissance puis à toutes les étapes de sa vie de course.

A l’élevage : tous les établissements peuvent être contrôlés notamment en période de préparation des ventes

A l’entraînement : les établissements sont contrôlés en tenant compte de divers facteurs, notamment du type de licence, de l’effectif, des contrôles effectués les années passées et des circonstances de l’année N-1 (ex : un entraîneur contrôlé positif en 2018 sera contrôlé en 2019 et tout entraîneur nouvellement installé le sera aussi).

En sortie provisoire d’entraînement : les périodes dites « de repos » sont aussi contrôlées.

En course : des critères de sélection sont formellement établis et permettent de contrôler les chevaux sur un hippodrome, le jour où ils courent. Ces procédures sont détaillées ci-dessous.

Quels chevaux sont contrôlés sur hippodrome : 

  • Au minimum un cheval est prélevé à chaque course.
  • Dans la course du Quinté+, les 5 premiers sont automatiquement contrôlés.
  • Deux chevaux par course ou davantage sont contrôlés dans certaines réunions Premium.

Désignation du cheval qui sera contrôlé 

Prélèvement d’urine en vue d’un contrôle

Cette responsabilité relève des commissaires de courses et des commissaires des sociétés mères (Le Trot et France Galop). La désignation du cheval se fait, avant chaque début de réunion, de façon totalement confidentielle par le rang à l’arrivée (ex : on détermine que dans la R1C5 du jour, on contrôlera le cheval arrivé 4e). Les commissaires en informent le vétérinaire préleveur.

L’information reste confidentielle et sera révélée après la course au moment du retour du cheval où l’on signifiera à son entourage qu’il doit se rendre au contrôle anti-dopage (l’entraîneur a 30 minutes pour s’y rendre). Le cheval se rend ensuite dans un box conforme à un cahier des charges précis où sont effectués les prélèvements d’urine et de sang.

Autres contrôles anti-dopage (au trot uniquement) : le suivi longitudinal 

Le suivi longitudinal est une exclusivité mondiale dans le domaine des courses hippiques.

Les 25 trotteurs ayant gagné le plus d’argent durant l’année en cours (du 1er avril au 31 mars) sont systématiquement prélevés tous les mois. C’est une approche différente de celle du contrôle anti-dopage « classique » puisqu’il s’agit ici d’évaluer de façon régulière l’état de santé du cheval et de prévenir les conduites dopantes. Dans ce suivi, on apprécie le retentissement des substances prohibées sur le système biologique de l’athlète plutôt que de rechercher des traces de molécules dopantes.

Le suivi mensuel d’un cheval de haut niveau soumis à des entraînements poussés et des phases de compétition permet une surveillance plus performante et la détection de variations qui pourraient être le signe de dopage. L’effet dissuasif d’un prélèvement mensuel est aussi un élément important.


A venir prochainement :

Partie 2 : chiffres 2018

Partie 3 : la procédure disciplinaire en cas de contrôle positif

Categories Culture Hippique